Depuis le 1er janvier 2026, le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) a changé, et un arrêté publié le 19 août 2026 est venu préciser les modalités d’application du nouveau coefficient de conversion de l’électricité. Résultat concret pour des centaines de milliers de propriétaires et de locataires : leur logement peut changer d’étiquette énergétique sans qu’aucuns travaux n’aient été réalisés. Voici comment savoir si vous êtes concerné, et ce qui reste du ressort d’un diagnostiqueur immobilier certifié.
Un coefficient électrique revu à la baisse
Le cœur de la réforme tient à un chiffre technique : le facteur de conversion qui transforme l’énergie électrique finale (celle affichée sur la facture) en énergie dite « primaire », utilisée pour calculer la note du DPE. Ce coefficient passait jusqu’ici de 2,3, il est désormais fixé à 1,9. Concrètement, un kilowattheure d’électricité consommé compte désormais pour 1,9 kWh d’énergie primaire au lieu de 2,3 kWh. L’objectif affiché par les pouvoirs publics est de mieux refléter la décarbonation du mix électrique français et de ne plus pénaliser artificiellement le chauffage électrique, pompes à chaleur et chauffe-eau solaires en tête, par rapport aux énergies fossiles importées.
Pour les logements chauffés à l’électricité, cette révision peut suffire à faire gagner une lettre au classement, sans qu’aucune isolation ni aucun équipement n’ait été changé. Selon plusieurs médias spécialisés dans l’immobilier, environ 300 000 logements pourraient ainsi sortir des catégories F et G, celles que l’on qualifie de « passoires thermiques ».
Une attestation gratuite, sans visite d’un diagnostiqueur
Bonne nouvelle pour les propriétaires concernés : il n’est pas nécessaire de payer un nouveau diagnostic pour bénéficier de la mise à jour. Si le logement dispose déjà d’un DPE valide et que le nouveau calcul lui est favorable, le propriétaire peut se rendre sur la plateforme de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, renseigner le numéro de son diagnostic existant, et télécharger une attestation actualisée reflétant la nouvelle étiquette. Aucune intervention à domicile n’est requise dans ce cas précis.
Cette simplification a toutefois ses limites. Les DPE réalisés selon d’anciennes méthodologies, ceux jugés obsolètes, ou les logements pour lesquels des travaux de rénovation énergétique ont modifié la performance réelle du bien continuent de nécessiter un passage par un professionnel certifié. Rappelons que la réalisation d’un DPE reste, dans la majorité des cas, une obligation légale lors d’une vente ou d’une mise en location, comme le diagnostic immobilier le prévoit pour d’autres points de contrôle du logement (amiante, plomb, électricité, gaz, termites selon les zones).
Ce que la réforme change aussi pour les copropriétés
Autre nouveauté entrée en vigueur au 1er janvier 2026 : les copropriétés de moins de 50 lots doivent désormais disposer d’un DPE collectif, évaluant la performance énergétique de l’ensemble de l’immeuble, parties communes comprises, et non plus seulement de chaque logement pris isolément. Cette obligation élargit le champ d’intervention des diagnostiqueurs, qui accompagnent déjà de nombreux dispositifs d’aide à la rénovation portés par l’Ademe.
Pour les bailleurs, l’enjeu dépasse la simple étiquette : depuis plusieurs mois, la mise en location des logements classés G fait l’objet d’un encadrement strict, et la requalification d’un bien peut, selon les cas, rouvrir ou fermer la possibilité de le proposer sur le marché locatif. D’où l’intérêt, pour tout propriétaire bailleur, de vérifier sans attendre si son bien entre dans le champ de la mise à jour gratuite.
Les bons réflexes à adopter
- Vérifier la date et la méthode de calcul de son DPE actuel avant de conclure qu’une mise à jour gratuite est possible.
- Se rendre sur la plateforme officielle de l’Ademe pour tester l’éligibilité à l’attestation actualisée, sans frais ni rendez-vous.
- Faire appel à un professionnel certifié uniquement si le logement a été rénové depuis le dernier diagnostic ou si le DPE existant repose sur une méthode ancienne.
- Anticiper l’obligation de DPE collectif si l’on siège en conseil syndical d’une petite copropriété.
Questions fréquentes
Mon DPE va-t-il changer automatiquement ?
Non. Seuls les DPE recalculés ou mis à jour via la plateforme de l’Ademe intègrent le nouveau coefficient. Un DPE existant conserve sa validité initiale de dix ans tant qu’il n’est pas actualisé.
Dois-je payer pour obtenir la nouvelle étiquette ?
Non, lorsque le logement est éligible à la mise à jour automatique, l’attestation est délivrée gratuitement via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe, sans passage d’un diagnostiqueur à domicile.
Un diagnostiqueur reste-t-il nécessaire dans certains cas ?
Oui, notamment si le logement a été rénové depuis le dernier diagnostic, si le DPE repose sur une méthodologie antérieure à 2021, ou pour toute vente ou mise en location nécessitant un dossier de diagnostics techniques complet.
Sources
Service-public.gouv.fr —
economie.gouv.fr —
Le Monde
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